Bref historique du couvent de 1638 à aujourd’hui

Les Ursulines sont arrivées à Saint-Denis en 1628, elles ont d’abord résidé dans une « maison de louage » avant de réunir les fonds nécessaires et d’acquérir les terrains pour construire le couvent.

Le terrain a été acquis en 1638, les travaux de construction ont démarré en 1640, les Ursulines s’y installant entre 1641 et 1644. Le couvent prospère pour rapidement devenir « le plus décoré de bastiments et mesme le plus peuplé de tous ceux que cet Ordre qui sont dans le diocèse de Paris ».

En 1652, durant la Fronde, le roi Louis XIV et sa mère, Anne d’Autriche, trouvent refuge au couvent de Saint Denis, qui s’attire ainsi les faveurs royales. Le Roi met le Monastère « en sa protection spéciale et sauvegarde particulière » et leur fait « plusieurs grâces et concessions, notamment en termes d’impôts ».

Le rayonnement du couvent se prolonge sur la seconde moitié du XVIIe siècle. Le début du XVIIIe siècle est une période de grandes difficultés financières pour les Ursulines de Saint-Denis dont l’activité et les effectifs déclinent fortement jusqu’en 1752. Une nouvelle période de développement amènera ensuite le couvent à la veille de la Révolution.

Le travail d’instruction des petites filles leur permet de ne pas subir dès 1789 l’expulsion et la confiscation de leurs biens.

En 1792, lorsque l’Assemblée Nationale décrète la suppression des communautés religieuses et l’évacuation des maisons pieuses, les Ursulines de Saint-Denis, qui restent au nombre de 30 dont 8 septuagénaires et 14 autres ont plus de 50 ans, règlent les dettes du couvent et le quittent en date du 3 septembre. Les biens mobiliers seront alors saisis et emportés en l’Abbaye Royale pour y être vendus.

La Mère Parent est néanmoins autorisée à conserver un logement dans l’enceinte du couvent et à maintenir une école pour les jeunes filles de Saint-Denis, dont l’activité perdurera jusqu’à ce qu’elle soit obligée par son infirmité de renoncer à tenir école en 1822. Elle était alors octogénaire.

A partir de 1799, le couvent est occupé par le Ministère de l’intérieur et devient un magasin d’approvisionnement pour la ville de Paris.

En 1831 l’hopital militaire de Saint-Denis est installé aux Ursulines.

Les bâtiments sont vendus en 1835 au Sieur Charles DEMION qui les revend en 1837 à deux industriels : John Nicholls BROWNE et Pierre-François SOYEZ-BOUILLARD. Ces deux industriels créent «La compagnie de la Briche» et transforment les bâtiments en logements pour leurs futurs employés. En 1839, la société est dissoute par suite de difficultés, les bâtiments sont saisis par huissier et la saisie est transformée en vente judiciaire volontaire emportée par deux entrepreneurs, Louis François HERODIER et Ulysse GUERIN. Ces derniers empruntent pour financer leurs achats, donnant en garantie une grande partie du couvent, mais en se réservant un droit de démolition. La désignation ne fait toutefois plus état que de deux grandes cours (« Cours de l’horloge » et « Cours du puits artésien ») laissant penser que la chapelle et une partie du cloître ont déjà été détruits.

Du fait de ventes ou de successions, le couvent changera de propriétaires six fois jusqu’en 1918 où il revient en héritage à Marie Gabrielle GRANGE, sœur des Filles de la Charité.

En 1956, Sœur Marie Gabrielle GRANGE vend une grande partie de sa propriété à trois personnes, qui établissent le règlement de coproriété de l’ensemble de ce qui reste, alors, du couvent des Ursulines. Au gré des mutations, le nombre de copropriétaires s’accroît pour atteindre une cinquantaine.

Par arrêté du 2 décembre 1986 après plusieurs années de démarches faites par des copropriétaires, les façades, les toitures, le portail et l’escalier 5 du XVIIe sont  classés. Après ce classement, la copropriété décide que le site soit déclaré ouvert à la visite.

Longtemps laissés dans un état d’entretien minimal, les bâtiments nécessitaient de nombreux travaux de restauration qui seront entrepris progressivement, selon les capacités de financement des copropriétaires et avec l’appui de l’Etat.

Les toitures ont ainsi été refaites pour partie et conservent de magnifiques charpentes. Des travaux d’urgence ont été exécutés ponctuellement pour consolider certaines structures ou réparer des façades trop dégradées.  De gros effort de rationalisation et de mise aux normes des réseaux intérieurs et extérieurs ont été réalisés. Les cages d’escalier ont été rénovées (rénovation encore en cours pour l’escalier 5).

Il reste désormais à rénover l’ensemble des façades, dont l’état devient de plus en plus préoccupant.