La Légende de Sainte Ursule

Sainte Ursule, Sainte et Martyre, était, selon la légende, d’origine britannique, du IVe siècle. Voici des extraits du long récit donné sous la rubrique « Les onze mille Vierges » par Jacques de Voragine (Varazze), vers 1264, dans sa Légende dorée :
« Il y avait en Bretagne un roi fort chrétien nommé Nothus, ou Maurus, dont la fille s’appelait Ursule. Elle se faisait distinguer par la douceur admirable de ses mœurs, sa sagesse et sa beauté; de sorte que sa renommée était répandue en tout lieu. Or, le roi d’Angleterre …, en entendant parler de cette jeune vierge, avouait qu’il serait le plus heureux des hommes si elle épousait son fils unique. Le jeune homme en témoignait aussi un ardent désir. On envoie donc une ambassade solennelle au père de la jeune fille; à des flatteries et à de grandes promesses on ajoute des menaces, si les ambassadeurs reviennent sans une réponse favorable. Le roi de Bretagne se trouva dans une extrême anxiété. Il regardait comme une indignité de donner à un adorateur des idoles une personne que s’était rangée sous la foi de Jésus Christ… Mais Ursule, inspirée de Dieu, conseilla à son père d’accéder à la demande du prince à condition que le roi son père, de concert avec son futur époux, lui donnerait dix vierges très distinguées pour la consoler; qu’on confierait à elle et aux autres mille vierges; qu’on équiperait des vaisseaux; qu’on lui accorderait un délai de trois ans pour faire le sacrifice de sa virginité, et que le jeune homme lui-même se ferait baptiser et instruire dans la foi, dans le même espace de trois ans…. Mais le jeune homme souscrivit de bon cœur à ces conditions, insista lui-même auprès de son père; et s’étant fait baptiser, il commanda de hâter l’exécution de tout ce que la jeune vierge avait exigé. … De toutes parts donc les vierges s’empressent, de toutes parts les hommes accourent à un si grand spectacle. Grand nombre d’évêques se joignent à Ursule et à ses compagnes qu’ils veulent suivre… Enfin, quand Ursule eut converti toutes les vierges à la foi, après un jour de traversée et sous un vent favorable, elles abordèrent à un port de la Gaule nommé Tyelle, et de là à Cologne, où un ange apparut à Ursule et lui prédit qu’elles reviendraient toutes ensemble en ce lieu où elles recevraient la couronne de martyre. Sur l’avis de l’ange, et se dirigeant vers Rome, où, ayant quitté leurs navires, elles vinrent à pied à Rome. A leur arrivée, le pape Cyriaque fut tout joyeux… il les reçut avec tout son clergé en grande pompe. Cette nuit-là même, le pape eut du ciel révélation qu’il devait recevoir la couronne de martyre avec les vierges…. Il résigna sa dignité et son office… Il y avait alors à la tête des armées romaines deux mauvais princes, Maxime et Africanus, qui, en voyant cette multitude de vierges accompagnées de beaucoup d’hommes et de femmes, craignaient que, par elles, la religion des chrétiens ne prît trop d’accroissements. Ils eurent donc soin de s’informer exactement du chemin qu’elles devaient prendre, et envoyèrent des députés à Jules, leur parent, et prince de la nation des Huns, afin que, marchant contre elles avec une armée, il les massacrât à leur arrivée à Cologne, parce qu’elles étaient chrétiennes…. Toutes donc … revinrent à Cologne alors assiégée par les Huns. Quand ces barbares les virent, ils se jetèrent sur elles en poussant des cris affreux et comme des loups qui se jettent sur des brebis, ils massacrèrent toute la multitude. Quand, après le massacre des autres, on arriva au tour de sainte Ursule, le chef, voyant sa merveilleuse beauté, resta stupéfait, et en la consolant de la mort de ses compagnes, il lui promit de s’unir à elle par le mariage; Mais comme elle rejeta sa proposition bien loin, cet homme, se voyant méprisé, prit une flèche et en perça Ursule qui consomma ainsi son martyre.  »

(traduction du latin par J.-B. M. Roze, Jacques de Voragine: la légende dorée, 2 t, Paris (Garnier-Flammarion), 1967, t.II, pp. 294-298).
La fondation de l’Ordre de Sainte Ursule

La Compagnie de Sainte Ursule fut fondée en 1537 par Sainte Angela Merici, à Brescia en Italie. A ses suivantes, elle dicte une Règle, des Avis et un Testament.
« Contemporaine de Copernic, de Michel-Ange et de Luther, sainte Angèle nous rejoint encore par certains traits, bien « modernes », de son époque. Comme aujourd’hui, la société est alors en pleine mutation; définitivement sortie du Moyen Age, elle vit comme nous dans l’attente d’un nouvel équilibre. Elle a des élans impétueux et des plaies profondes. Un humanisme se cherche mais, en même temps, beaucoup d’hommes souffrent de misère et de guerres, tandis que d’autres se corrompent dans le luxe et l’érotisme. La chrétienté elle-même oscille dans sa foi et ses mœurs. On ne sait plus à qui se fier. Un concile est proche mais, dans le présent, le silence de Dieu s’appesantit. En contraste, les saints surgissent nombreux et dans tous les milieux. Mus par un désir de renouveau, des chrétiens se groupent pour prier et pour secourir leurs frères. L’heure est aux charismes. »

(Angèle Merici, Fondatrice des Ursulines, Paris, s.d., p.2)

L’épanouissement de l’Ordre

L’épanouissement des Ursulines, dès le XVIIe siècle, fut extraordinaire. Des Ursulines de Saint-Denis fondèrent elles-mêmes des communautés non seulement en France, à Argenteuil et à Saint Germain en Laye, mais aussi en Martinique et en Irlande. En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, on trouvait un peu partout des Couvents d’Ursulines. A l’étranger aussi, en Belgique, en Suisse, et tout particulièrement au Québec, ou les Ursulines étaient connues comme « les Amazones de Dieu au Canada ». Les couvents, anciens aussi bien qu’existants, donnent leur nom à d’innombrables « rues des Ursulines », qui à leur tour identifient des chapelles, hôtels, musées, studios, écoles, collèges, foyers … et même un « Festival Rock des Ursulines »!

En France, la première fondation ursuline fut celle du Faubourg Saint-Jacques à Paris, en 1607.

La Fête de Sainte Ursule

Elle est célébrée le 21 octobre

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